Galerie: 1. Mahmoud Mohamed Taha

Cet homme a été PENDU en janvier 1985, à l'âge de 75 ou 76 ans, pour ses idées. Mahmoud Mohamed Taha, accusé d'apostasie, jugé apostat par Al Azhar, la puissante université islamique égyptienne, traité d'apostat par le pouvoir soudanais du sinistre maréchal Nimeiry, était tout simplement un être humain qui a osé réfléchir sur l'Islam.
La réflexion de Mahmoud Taha portait sur le Coran et l'historicité du texte divin. Un point de vue qu'il n'a pas été le seul à défendre d'ailleurs. Plusieurs autres penseurs ou chercheurs, avant ou après lui, ont relevé qu'une partie du Coran ètait lièe à un contexte et, dès que le contexte changeait, d'autres sourates venaient remplacer les premières avec un commandement divin différent.
Pour Mahmoud Taha, le Coran comporte grosso modo deux parties: la partie médinoise et la partie mecquoise postèrieure à la prise de cette ville sainte par le Prophète et ses compagnons. La première partie est rigoriste, autoritaire, consacre un statut inférieur pour la femme et les non musulmans et, pourrait-on dire, correspondait à un contexte historique de guerre. La seconde partie, mecquoise, a une véritable portée universelle et se caractérise par son élévation incontestable. La première partie, selon lui, est dépassée par le changement de contexte. Seule la seconde partie reste à accomplir. C'est Omar, troisième calife de l'Islam qui, quelques années après la mort du Prophète, avait décidé de rassembler le texte coranique jusqu'alors éparpillé. Il le rassembla donc et en fit une seule version, officielle celle-là. Hormis la Fatiha, les sourates ont été classées de la plus longue vers la plus courte, ce qui est une curieuse méthode. On aurait pu penser à un classement thématique et surtout à un classement chronologique qui, seul, pouvait montrer l'évolution du texte coranique en fonction des contextes historiques.
C'est pour avoir exprimé ce genre d'idées que Mahmoud Mohamed Taha a été pendu.